Les patients atteints d'un cancer ont une nouvelle bulle bien-être à Dinant : "On n'est plus tout seul"
Se ressourcer le corps et l'esprit entre les traitements médicaux, c'est primordial quand on a un cancer. Sur son site de Dinant, le CHU UCL Namur a un nouvel espace, Bulle d'être, avec des activités douces pour les patients.
- Publié le 21-05-2026 à 09h20

Massages, soins esthétiques, luminothérapie, sophrologie, yoga...Ce sont quelques-unes des activités proposées aux patients oncologiques à Bulle d'être, installée depuis peu à l'étage du nouveau Centre de médecine sportive du CHU UCL Namur, à gauche de l'entrée de l'hôpital de Dinant.
À l'instar de L'Essentiel sur le site de Sainte-Élisabeth à Salzinnes, Bulle d'être propose des soins complémentaires aux traitements médicaux classiques afin d'améliorer la qualité de vie des patients ainsi que leur bien-être physique et psychologique.
Le but est de les aider à mieux traverser la maladie, dès le diagnostic jusqu'à un an après la fin de leurs traitements.
"L'espace Bulle d'être a été créé il y a 3 ans sur une initiative d'une oncologue du site de Dinant, Julie Vandepapelière. Au début, nous étions dans un local de l'hôpital puis on a voulu un espace plus grand et externe à l'hôpital", explique Jérémy Debouche, assistant social.
Il nous accueille à la "bulle été". Équipée d'une cuisine, elle est le lieu névralgique où sont accueillis les patients.
"On leur propose un café et un petit biscuit avant et après une séance. Ils peuvent se poser, échanger, partager...", relate Marie, bénévole.
L'idée, c'est que ça ne soit pas juste une salle d'attente mais un endroit chaleureux et convivial.

Cinq bulles apaisantes
"La Bulle été" vise aussi à accueillir des groupes de parole et des ateliers culinaires.
À ses côtés, gravitent quatre autres "bulles" déclinées au fil des saisons. Imaginée comme une parenthèse hors du temps, chaque pièce propose une ambiance et des soins différents pour offrir aux patients un environnement sensoriel réconfortant, propice à la détente, au lâcher-prise et à la reconnexion à soi.

La Bulle hiver propose ainsi des séances d'hypnose, de luminothérapie et de sonothérapie ; la Bulle automne est consacrée aux massages, à la reflexologie et l'acupuncture ; et la Bulle printemps est dédiée aux soins esthétiques. S'y ajoute une petite cinquième, la Bulle zen, pour le yoga et sophrologie.
Ce mercredi, Anne dispensait un cours de yoga. Elle fait partie de la dizaine de bénévoles qui s'investissent pour le bien-être des malades.
Marie, elle, s'occupe notamment de l'accueil des patients et des massages.
"Il y a des prestataires bénévoles ayant certains talents comme Anne et Marie qui sont formés aux bonnes pratiques, un prestataire indépendant ainsi que du personnel de l'hôpital qui est détaché ici", poursuit Jérémy Debouche.
Donner et recevoir
Kim est, elle aussi, masseuse bénévole. La trentenaire vient une à deux fois par semaine. "L'important pour moi, c'est de considérer les patients non pas comme des "malades", mais comme des personnes à part entière, sans leur mettre d'étiquette", estime-t-elle.

Gladis, Cinacienne de 74 ans, est du même avis. "Les patients, ça ne représente pas que de la souffrance, affirme-t-elle. C'est aussi un échange... On donne et on reçoit."
Bénévole depuis 20 ans, Gladis fait partie des "éclaireuses" de l'hôpital de Dinant et se rend ainsi dans les chambres des patients souffrant de toutes sortes de pathologies. Depuis 2 ans, elle s'occupe aussi des séances de luminothérapie à Bulle d'être.
"Les patients ont un casque audio et des lunettes et ils choisissent un des programmes disponibles en fonction de leur ressenti et de leur état du moment. Une séance dure entre 25 et 40 minutes. Pendant ce temps-là, je m'éclipse. Il arrive que certains patients s'endorment tellement ils ont réussi à lâcher prise", sourit Gladis.

La septuagénaire s'est engagée comme bénévole car elle avait "besoin d'apporter du bien", dit-elle.
"On côtoie des personnes qui vivent des situations très difficiles mais on est à l'écoute, c'est le plus important, ajoute-t-elle. Certains patients n'osent pas parler de leur maladie aux membres de leur famille car ils ne veulent pas les inquiéter. Ils n'ont pas toujours l'occasion non plus de discuter avec les médecins vu leur charge de travail alors ils se confient à nous, sans limite de temps."
Ce nouvel espace traduit la volonté du CHU UCL Namur de proposer un accompagnement oncologique toujours plus attentif aux besoins émotionnels, psychologiques et humains des patients.
Les nouvelles infrastructures et les activités proposées ont pu se développer grâce à plusieurs partenaires actifs dans l'accompagnement des patients atteints d'un cancer, aux actions solidaires de citoyens et d'associations, ainsi qu'aux dons.
Ces dons sont toujours les bienvenus via la Fondation Roi Baudouin. "On aimerait aussi augmenter le nombre de prestataires", glisse Jérémy Debouche.
Avis à ceux et celles qui voudraient aider les patients à traverser plus sereinement la montagne que représente le parcours de soins.