Virginie Efira évoque ses complexes avant d'illuminer la Croisette : "J'avais su très tôt que je n'étais pas exceptionnelle intellectuellement"

Elle va faire doublement crépiter les flashs lors d'un festival de Cannes marqué par une belle présence belge à partir de ce mardi 12 mai.

Êtes-vous incollable sur Virginie Efira ?
Virginie Efira présentera deux films au Festival de Cannes cette année. ©AFP

Deux sera le chiffre magique pour le cinéma belge cette année au festival de Cannes, qui s'ouvre ce mardi 12 mai. Deux films en lice pour la Palme d'or en compétition officielle (Coward de Lukas Dhont et Notre Salut d'Emmanuel Marre), deux autres dans la section Un certain regard (Ton animal maternel de Valentina Maurel et Yesterday the Eye Didn't Sleep de Rakan Mayasi) et une double montée des marches pour Virginie Efira avec Histoires parallèles d'Asghar Farhadi et Soudain de Ryūsuke Hamaguchi.

De quoi faire crépiter bien des flashs et même peut-être faire un peu d'ombre à la reine Scarlett Johansson sur la Croisette. Mais il en faudrait beaucoup plus pour que Virginie Efira se la joue diva. Une simplicité qu'elle explique par sa belgitude dans une interview donnée à Audrey Crespo-Mara dans l'émission Sept à Huit. "Parce que c'est un petit pays divisé en deux langues, avec une identité forte, mais un peu en creux, explique-t-elle. Qu'à côté, il y a la France avec la grande histoire. Et donc, tu ne peux pas grandir en Belgique en te prenant tout à fait au sérieux."

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"On commençait à se la péter sur la modestie"

C'est donc avec un trait d'humour qu'elle poursuit : "Un jour, on a fait une émission de télévision, je ne me rappelle plus de laquelle c'était. On était tous des Belges en train de parler de notre modestie. Je me suis dit qu'on commençait à se la péter sur la modestie. Mais c'est vrai qu'il y a quelque chose de culturel."

L'envers de Cannes

L'ambiance glamour de la Croisette ne lui fera pas perdre son recul sur son métier. Que du contraire. "Le Festival de Cannes, c'est un endroit assez hystérisé où tu peux très fort sentir les hiérarchies. Ce ne sont pas que des choses très agréables."

Plus étonnant, elle évoque son "sentiment d'illégitimité", ses peurs qui l'ont longtemps freinée et avoir nourri "tous les complexes" : "J'avais su très tôt que je n'étais pas exceptionnelle intellectuellement."

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La maternité change (presque) tout

Toujours aussi spontanée en dépit de son exil parisien, elle n'élude aucun sujet. Pas même les dix ans d'écart avec son compagnon, Niels Schneider. "Je comprends assez bien la curiosité au départ, sur des choses qui pourraient sembler plus originales." Mais pour elle, l'âge n'est qu'un critère parmi d'autres. "Une donnée qui malgré tout signifie des choses. Si à 20 ans, tu crois que tu as tout compris de la vie, ben non chou, tu as 20 ans… Si à 63 ans, tu penses que tu peux faire un enfant, ben ça va être un peu compliqué… C'est une donnée parmi plein d'autres. Ce n'est pas celle-là qui figure votre identité."

Une belle interview sur TF1 qu'elle poursuit avec un mot sur son fils, Hiro, qu'elle a eu en 2023 avec Niels Schneider (elle était déjà mère d'Ali, née en 2013 dont le père est le réalisateur Mabrouk El Mechri). "Les choses, elles arrivent parfois sans qu'on le souhaite, même de manière assez inouïe. C'est génial d'accueillir une surprise aussi belle. Je pense que le premier pas, celui qui est l'entrée dans la maternité ou la paternité, celui qui est quand même un autre rapport au monde, qui change la donne, c'est quand même plein de choses merveilleuses. C'est découvrir l'amour inconditionnel, mais, pardon les gars, c'est aussi découvrir la perte de l'insouciance totalement."

Elle ne l'a pas perdue entièrement, d'évidence. "Moi, je n'ai pas ce truc de me dire si je suis à ma place ou pas", conclut-elle. Elle y est assurément, tout en haut des marches du festival de Cannes.

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