Se passer de Nafi Thiam aux Mondiaux d'athlétisme reviendrait, pour la Fédé, à se planter un javelot dans le pied !
La Dernière Humeur de Yannick Natelhoff.

- Publié le 13-08-2025 à 11h58

Il y a des compétitions que l'on peut perdre avant même qu'elles aient débuté. Et la Belgique pourrait bientôt l'apprendre à ses dépens. Aux prochains Mondiaux de Tokyo, la fédération belge d'athlétisme pourrait en effet se passer de la plus grande athlète qu'elle ait jamais connue pour une histoire de… sponsor.
Nafi Thiam, triple championne olympique, refuse en effet jusqu'ici de signer un code de conduite imposé par la fédération. Pas parce qu'on lui imposerait sa façon de se comporter – la Namuroise a toujours été irréprochable – mais parce que cette charte impose aux athlètes belges de porter la marque Asics. Or, Thiam est sous contrat Nike. Casse-tête en vue.
Si on espère que les deux camps trouveront une solution acceptable par tous, cela relance le débat sur le pouvoir des fédérations nationales d'athlétisme. Les Mondiaux sont censés mettre en lice les meilleurs athlètes de la planète, selon une sélection objective basée sur les performances. Or certaines nations pourraient se passer de leurs atouts-maîtres pour une simple question de sponsoring. Imaginez une Coupe du Monde de football sans Ronaldo, Messi, Neymar, Mbappé, Yamal ou Kane : elle en aurait irrémédiablement moins de saveur.
Laisser notre Nafi nationale sur la touche pour une question de sponsor reviendrait, de façon incompréhensible, à se planter un javelot dans le pied.